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SEA CEDRIC HERMANN
La Côte d’Ivoire et la France, c’est une vieille histoire d’amour… l’ancienne colonie française nous est encore intellectuellement, culturellement et économiquement très proche. Le pays est on ne peut plus francophile puisque 92% de la population y parle le Français, jusque dans les contrées les plus éloignées d’Abidjan. Liés économiquement, nous le sommes bien sûr… 600 sociétés tricolores y sont implantées aujourd’hui et ce ne sont pas moins de 27 entreprises du CAC 40 qui étaient présentes sur place il y a à peine trois ans.
Dans quels secteurs principalement ?
L’éventail est très large : la chimie avec SANOFI, les hydrocarbures avec TOTAL, les télécoms avec ORANGE et bien sûr BOLLORE… mais, contrairement à ce que l’on croit, le plus gros investisseur en Cote d’Ivoire n’est pas le groupe de Vincent BOLLORE mais la branche locale d’ORANGE dans les télécoms, aux côtés de la SIPH (la Société Ivoirienne de Plantation d’Hévéas). Le groupe BOLLORE évidemment, reste un acteur local majeur à travers la gestion du terminal à conteneurs du porte d’Abidjan, le transport maritime, la logistique terrestre, ou encore le transport ferroviaire.
L’économie ivoirienne était déjà mise à mal avant même le début du conflit que l’on connaît aujourd’hui… le pays est-il encore plus affaibli ?
Si on prend une photo de la Cote d’Ivoire aujourd’hui, on a affaire au premier producteur et exportateur mondial de cacao (la guerre va porter un coup très dur au secteur cette année) ; au septième producteur mondial de café… à un gros producteur d’huile, de cocotiers, de coton, d’ananas et de… bananes dont le marché sera totalement ouvert à la concurrence internationale en 2012. La tragique séquence que le pays traverse aujourd’hui risque de retarder les préparatifs à cette ouverture. Il y a aussi la production de gaz, de pétrole (55.000 barils par jour)… la progression constante de l’industrie du caoutchouc… et puis, un secteur en plein boom : celui des hautes technologies. La Cote d’Ivoire bénéficie d’un excellent niveau de formation en la matière, au point que l’Inde vient y installer ses bases arrières et contribue largement au commerce extérieur ivoirien. C’est un fait : le pays aujourd’hui en guerre possède d’indéniables ressources.
C’est ce qui continue malgré tout à tirer la croissance ?
En partie oui. La croissance de la Cote d’Ivoire se situe aujourd’hui entre 2 et demi et 3%... tirée essentiellement par la consommation et les exportations. Contrairement aux idées reçues, la part des investissements étrangers ne représente que 4% du Produit Intérieur Brut… mais la chrysalide ne demande qu’à éclore ! Acteurs économiques et observateurs s’entendent pour dire que ce mouvement n’aura pas lieu tant que Laurent GBAGBO s’accrochera au pouvoir… ce qui ne devrait plus durer très longtemps. Même les Etats-Unis et la Chine – que l’on présente pourtant comme très offensifs sur le continent africain pour tenter de gagner de nouveaux marchés – ne font pas peur aux investisseurs historiques de la République ivoirienne. Une page est en train de se tourner à Abidjan… si la reconstruction est d’ores et déjà assurée, il faudra donner du temps au temps.
Emmanuel Cugny
France Info
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